Ailleurs vu d'ici

Global Voices en Français

Monday, August 29, 2005

iran: Le retour des Hommes en noir

L’élection au sommet de l’État iranien du président Ahmadinejad marque le retour en force des ultras conservateurs. Ces hommes souvent vêtus de noir qui se veulent les gardiens de la pureté "islamiste".
Dans son discours cette semaine, devant le parlement, le nouveau président Mahmoud Ahmadinejad a fait l’éloge de la vertu dans les pratiques religieuses islamistes et dénoncer les déviations et autres vices importés d’Occident.

Il s’agit d’un avertissement aux courants réformistes et à certains mouvements au sein de la société civile iranienne qui voulaient alléger un peu, les coutumes rigoristes en cours depuis la révolution. Il n’y a pas de doute, l’homme est ce que les anglo-saxons appellent un "hard liner", un défenseur des valeurs prônées par le fondateur de la République islamiste, le mystique vieillard de Quom, aujourd’hui décédé, l’Ayatollah Khomeiny.

Il n’existe pas de preuves trop formelles, mais il paraît que dans sa jeunesse, le nouvel homme fort iranien aurait tiré les "quatre cents coups" et, ce n’est pas une figure de style, aux côtés des légendaires gardiens de la révolution.
Les caméras de la C.I.A l’auraient photographié, farouche, à la tête du commando preneur d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran, c’était les folles années de la révolution. A l’époque, un certain Saddam Hussein était du bon côté du désert … Certains opposants à son gouvernement affirment détenir en outre, des preuves de sa participation à une expédition punitive en Autriche, contre des exilés iraniens, il y a quelques années. Toutes ces informations qui s’accumulent sur le profil éventuel du nouveau président ajoutent au personnage un halo de mystère qui inquiète certaines chancelleries occidentales.

Tout cela se passe à un moment où le pays refuse d’abandonner un ambitieux programme nucléaire. Un programme qui jusqu'à récemment était demeuré largement clandestin. Dans un premier temps, les iraniens ont donné l’impression de vouloir "échanger" leur projet contre un apport massif des occidentaux en transferts de technologies plus "soft".

L’Iran en effet, est intéressé à toutes les technologies de pointe occidentales et rêve au Moyen Orient, de l’avènement d’un "Japon islamiste". Un terme qui a fait couler beaucoup d’encre dans les journaux comme le "Téhéran Times" disponible sur le net. La vérité est que l’Iran a un grand besoin de l’énergie nucléaire pour son vaste programme de modernisation industrielle, mais en tant que puissance régionale, elle ne renoncerait pas non plus à l’arme atomique, passeport pour faire partie du club des grands. Dans certains pays, technologiquement capables de produire du nucléaire, on ne supporte pas d’être "infantilisé" par d’autres pays du club atomique qui veulent en conserver l’exclusivité.

Quoiqu’il en soit, en Occident on reste prudent. Le Washington Post dans lune récente édition affirme qu’il n’y a pas de preuves que l’Iran développe l’arme nucléaire. Les occidentaux montrent bien la carotte en promettant des aides massives à la République islamiste, mais laisse entrevoir aussi le bâton. Jean Baptiste Mattei du ministère français des affaires étangères vient d’annoncer l’annulation d’une rencontre avec les diplomates iraniens pour le 31 août. On parle d’un recours éventuel au Conseil de sécurité, toute chose qui rappelle un scénario appliqué, il y a quelques années, pour un pays voisin, en l’occurrence l’Irak.

Seulement, dans un contexte de constitution irakienne accouchée au forceps, personne ne veut une confrontation avec Téhéran qui achèverait d’embraser une région, où le pétrole met facilement le feu au poudre! La "bouillie" iranienne est donc à prendre sur les côtés … et comme le dit le président de l’agence de l’énergie atomique "confrontation is a lose-lose proposition".

Roody Edme

0 Comments:

Post a Comment

<< Home