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Tuesday, May 08, 2007

“Ma France a moi”

C’est le titre d’une chanson à succès de la chanteuse Diam’s, artiste venue des banlieus et dont certaines des perles ont été reprises par Ségolène Royal au cours de sa campagne électorale. Cette chanson culte est devenue l’hymne de toute une jeunesse rebelle qui a l’instar de ces jeunes d’il y a deux siècles connaît aussi son ‘’ Spleen de Paris’’.

Lequel des candidats ou candidates endossera les couleurs de cette autre France, celle qui doute de son avenir et dont une frange assez représentative émigre vers d’autres cieux en Europe ou en Amérique du Nord.

Et justement, une des inconnues du vote de ce Dimanche est le vote des jeunes. Le corps électoral a beaucoup évolué depuis les élections de 2002 et compterait désormais 4,1 millions de jeunes ayant atteint l’age de la majorité. Aux dernières nouvelles, 81% des 18-35 ans affirment qu’ils voteront. La plupart d’entre eux se déclare préoccuper par la pauvreté, la précarité de l’emploi, la crise du logement. Un fort pourcentage autour de 70% éprouve un mal être et considère que la situation s’est dégradée au cours des dix dernières années. Alors que 80% de ceux ont l’age de leurs parents s’estime satisfait de leur qualité de vie.

Bien que les sondages continuent à donner à Sarkozy en tête, on sait que dans ce domaine, rien n’est gagné d’avance.

A l’émission de Laurent Ruquier sur une des chaînes françaises, on révélait que les échantillons de soudés se recrutaient surtout parmi ceux qui étaient joignable au téléphone fixe.

C’est encore l’inconnu du vote jeune qui retient l’attendre des correspondantes a Paris, ceux de l’agence Reuters ou du journal Le Matin (voir Le Matin du 19 avril). Toute chose qui donne au scrutin du dimanche son caractère indécis et laisse le suspens entier.

Les jeunes qui se mobilisent contre le C.P.E vont-ils faire la ‘‘Révolution’’ par les urnes, mais en faveur de qui ? Sarkozy qui jusqu'à présent mène une campagne assez disciplinée reste et demeure le candidat de la ‘‘sécurité’’. Une idée assez largement répandue veut que les peuples finissent souvent pour choisir la sécurité. Même si pour beaucoup Sarkozy a une image trop dure, intimidante pour les électeurs hésitants qui pourraient se laisser tenter par un candidat a l’air plus affable, un centriste qui serait a l’oppose de ‘‘l’établissement médiatico-politique parisien’’.

Ségolène Royal qui a longtemps incarnée une politique axée sur la participation citoyenne a travers une campagne atypique espère elle aussi séduire la France hésitante et fait tout pour représenter aux yeux du peuple français, une « audace sécurisée ». Un avenir tout neuf mais débarrassée du flou qui a par moments nimbé par sa campagne. Le destin de ces trois principaux candidats repose sur ceux qui ont le plus un « désir d’avenir », les jeunes du Paris de l’envers et l’endroit, du 19eme arrondissement comme des banlieus. En ce domaine comme dans un autre, « la jenes pa inosan » comme dirait Manno Charlemagne.

Roody Edmé

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